vendredi 3 octobre 2014

Sur le fil...

(1ère publication mars 2014)


C'est le premier mois d'ouverture de ce blog.
Je fais le compte : 34 articles en un mois, et bien j'en avais des choses à raconter !

Je sais la richesse de ce qui se vit dans ces salles d'attente en PMI. J'ai donc souhaité le partager.
Je sais aussi que je marche sur un fil:

  1. Je décris à titre personnel, des éléments qui se déroulent dans un cadre professionnel.
  2. Je partage ces instants de vie et pourtant je suis tenue à la discrétion sur les situations et les familles rencontrées.
    Je pense que l'anonymat total permet de respecter cet aspect.
    Aucune indication de lieu, ni de prénoms.

    Et puis je m'efforce, j'espère avec succès, à poser un regard positif sur les situations rencontrées. Dans 95 % des cas, de vraies rencontres ont lieu, des échanges se font. Ce sont ces rencontres, majoritaires, que je décris ici.
    Il peut arriver, parfois qu'un parent se trouve en difficulté avec son enfant ou qu'un enfant, de par son histoire, se trouve en difficulté dans sa rencontre avec ses pairs. Je ne veux pas décrire ces histoires là. Il faut nécessairement que le regard soit positif.
    Si les personnes concernées devaient lire ces lignes, qu'en penseraient-elles ? Voilà la question à se poser continuellement. J'espère qu'à la lecture, elles se sentiraient respectées et valorisées.
  3. « Petite fée » « petit bonhomme » « petite souris » « grand lecteur »... mes anciennes directrices de crèche doivent faire des bonds ! Un enfant, on l'appelle par son prénom.
    C'est pour ça que ses parents le lui ont donné ! L'utilisation du prénom de l'enfant participe à la prise de conscience de son unicité, de son existence propre.

    Oui mais rappelez vous le point 2 : anonymat obligatoire! Alors j'en profite ! Parce que vraiment je suis une fille de sud, et qu'il a toujours fallu que je me fasse violence pour n'utiliser que le prénom des enfants. Spontanément, les mots qui viennent sont « ma puce », « ma belle », « mon grand », « ninou », « ninette »... pas très professionnel, n'est ce pas?!!

    Alors en séance, promis, je sais me tenir. Je n'appelle les enfants que par leur prénom, et sur le blog....et bien j'avoue : je me laisse un peu aller !
  4. Ce qui permet d'aborder le point 4 : l'aspect affectif. Je décris des situations professionnelles mais les termes que j'emploie ne le sont pas totalement. Mon écriture est largement chargée d'affect. Je m'autorise cet éclairage puisque ce blog est écrit à titre personnel et de façon anonyme. La gestion des affects est une question récurrente dans l'univers éducatif quel qu'il soit. J'y consacrerai un article ultérieurement. Mais je sais que là aussi, je marche sur un fil.
     
  5. Pourquoi ce désir d'écrire ? L'écriture m'a toujours fasciné et dans la formation de travailleur social, c'est un savoir-faire qui doit être développé. Trouver le mot juste, décrire des situations, synthétiser des informations, les relier, donner du sens.
    Souvent les séances sont bien remplies, cependant il arrive... qu'il ne se passe pas grand chose quand plusieurs rendez-vous ne sont pas honorés ! C'est alors le bon moment pour écrire sous peine de voir mes neurones disparaître ! L'inaction m'est vraiment difficile à supporter. C'est aussi une réalité de ce poste, que l'écriture vient adoucir.
  6. J'ai la chance de vivre dans un département qui a fait le choix de considérer que ces lectures en PMI participent à une prévention précoce. Pour autant, les budgets qui y sont consacrés ne sont pas extensibles. Les interventions ont été financées mais pas les temps de réunion. Aucune analyse de pratique ne sera réalisée. Chacune de nous est assez isolée. Alors que faire de toute cette richesse ?

    L'écriture me permet de garder une trace, s'efforcer à décrire les situations pour prendre du recul, essayer d'améliorer le positionnement, orienter le choix des livres en fonction des réactions des enfants, trouver des bases théoriques à ces interventions...

    Mais je le fais à titre personnel, et sur mon temps personnel...

    … De toute façon, il n'y avait rien à la télé ; - )